Le CPCI en 2017, par la Présidente

Rapport d’activité & Rapport moral

du CPCI pour l’année 2017

Présentés lors de l’Assemblée Générale du 24 janvier 2018,

à la Maison des Associations à Grenoble

Bilan de cette année 2017, deuxième année de la Présidence pour moi. Ce CPCI qui vient animer mes ambivalences, CPCI chéri donc par les satisfactions narcissiques individuelles et groupales qu’il provoque. Bébé choyé mais aussi quelquefois haï au sens psychanalytique du terme, de par la lourdeur, la charge mentale que cela représente, non seulement pour moi présidente mais également pour chacun/chacune des membres impliqués dans sa dynamique, administrateurs et membres du collège élargi. Bébé jalousé aussi peut-être par certains ! Bébé fragile peut-être également. Mais commençons donc par du concret.

Rapport d’activité

Le bilan des trois pôles d’activités du CPCI qui sont centrées sur :

    • les ateliers & la conférence annuelle, organisés par le CPCI
    • la Journée Annuelle des Psychologues organisée conjointement avec les psychologues du CHAI et le CPCI
    • la communication
  • et aussi une petite mise en bouche : les Happy Hours. 

Le 8 mars 2017, le CPCI organisait son premier atelier, le rendez-vous annuel avec les étudiants, animé par 5 membres du CPCI. 21 étudiants étaient présents, dont :

  • 15 étudiants de Master 1 (12 de l’université de Grenoble, 1 de Lyon 2 et 1 de Montpellier)

  • 5 étudiants en Master 2 (2 de Grenoble, 1 de Chambéry, 1 de Lyon 2 et 1 de Paris 8)

Cette soirée a été un temps d’échanges à partir de l’énoncé suivant : « Un étudiant, un maître de stage, une institution : attentes, rencontre et transmission » et d’interrogations des étudiants quant à : l’identité professionnelle, la question des stages (les difficultés pour en trouver et les difficultés avec les maîtres de stage), la sélection au cours des études, les orientations conceptuelles différentes qui sous-tendent l’organisation des études dans chaque université, le statut du psychologue dans le monde du travail, le marché du travail, la spécificité de la posture du psychologue. Une question témoigne de la particularité de notre métier des sciences humaines : « est ce qu’on se sent prêt après le diplôme ? ».

Nous avons pu éclaircir leur questionnement quant :

  • à la définition de clinicien « tourné/incliné vers le sujet », rappelant surtout notre posture spécifique de reconnaissance du sujet dans son individualité d’être et de liberté psychique (rappel du Code de Déontologie).

  • au temps FIR

  • au statut de Cadre et notre hiérarchie administrative et non pas médicale

  • à la nécessité d’outils et de ressources pour travailler/penser sur sa pratique tout au long de la carrière.

C’est un temps qui nous permet de maintenir, travailler, éprouver notre lien avec l’université de psychologie de Grenoble.

L’atelier du 12 avril 2017

Suite et fin de notre fil rouge de ces années 2016 & 2017 : le psychologue et le corps. Cet atelier fut centré sur les problématiques alimentaires.

Les membres du CA présents lors de cet atelier évoquent un atelier très fluide et participatif. Les intervenantes étaient à l’aise dans leur présentation et dans les réponses aux questions. Le retour fut positif de leur part.

Parmi les participants, nous ne comptions que 4 collègues psychologues diplômées, le reste des participants étaient des étudiants. C’est la première fois que nous ouvrions l’atelier aux étudiants sans la présence obligatoire du maître de stage. Cela nous questionne sur cette faible représentation des collègues diplômées.

Le sous-titre, qui amène le fil rouge : « La pratique du psychologue et … » semble important à indiquer sur les flyers, posant le cadre d’un échange sur nos pratiques à partir de nos cliniques, et non d’une soirée de type conférence théorique.

La conférence ouverte au public animée par René MARINEAU, le 11 mai 2017

Nous retenons le coté agréable du moment partagé et des talents d’orateur de Mr Marineau. Néanmoins, l’intervenant n’a pas à notre sens répondu à l’argumentaire qui annonçait une réflexion sur les « Défis & Perspectives du XXIème siècle« . La communication pour la préparation n’a certainement pas été suffisante aussi ; entre autres sur nos attentes qui seront à l’avenir à définir plus clairement ainsi que la rémunération de l’intervenant.

Remerciements à tout le comité de diffusion de l’information de la conférence. Nous avons accueilli une soixantaine de participants = participation moyenne, comparativement à d’autres conférences.

Les Happy Hours

Le CPCI a fait sa rentrée scolaire le 27 septembre 2017 avec les Happy Hours. Une vingtaine de collègues étaient présents, dont certains étaient nouvellement arrivés sur la région et cherchaient à tisser un réseau. Ce fut un moment convivial. Il aurait peut-être fallu faire une présentation du CPCI lors de la soirée. A poursuivre à mon sens afin de permettre un temps d’échanges informels entre collègues, entre nouveaux et installés. Cette soirée s’est prolongée par un temps au restaurant, offert par le CPCI, entre membres du CA, les anciens et les nouveaux, moment là-aussi convivial pour remercier les anciens administrateurs de leur investissement dans l’association et signifier ainsi la transmission.

L’atelier du 11 octobre 2017

Cet atelier ouvrait notre nouveau cycle sur la parentalité. Il fut centré sur le couple à partir de deux approches cliniques complémentaires : l’approche systémique et l’approche psychanalytique. La salle était comble, cette fois-ci avec une majorité de psychologues cliniciennes par rapport aux étudiantes (entre 25 & 30 participants). Réel succès pour cet atelier qui fut centré sur la pratique mais pas d’hommes psychologues dans la salle.

Journée Annuelle des Psychologues

Elle a eu lieu le 24 novembre 2017 à Grenoble. 88 psychologues étaient présents, 72 l’année dernière, du département de l’Isère mais pas uniquement, le Rhône, la Savoie, l’Ain étaient représentés. Sans surprise du côté de la participation, notre thème s’inscrivant dans la continuité de la JAP 2016. « Malaise dans la transmission, qu’est-ce que je fou(s) là ? » Au vu de la situation dans nos institutions, et dans notre société, cela se comprend aisément.

Nous avons apprécié la formule : matin avec trois intervenants + après-midi en table ronde. La table ronde, très représentative de la diversité de lieux de pratique des psychologues, en plus de la boîte à questions, ont vraiment rendu la discussion avec la salle, dynamique et animée. Le niveau intellectuel recherché a été atteint. Belle journée de par le thème choisi : la transmission. Nos trois intervenants du matin représentaient chacun une période de la vie professionnelle : la retraite, le plein âge de la carrière professionnelle et la recherche universitaire. Les retours furent également positifs quant à la convivialité qu’offre cette journée (temps d’échanges conséquents grâce à la pause-café et le repas).

Le Comité d’Organisation peut se féliciter du succès de cette journée.

Le CPCI, c’est également un réseau,

La communication fonctionne toujours aussi bien grâce aux échanges de mails via la boîte mail du CPCI et la mise à jour du site. Cela demande néanmoins un grand investissement en terme de temps. La gestion des adresses mails s’alourdit (280 contacts).

Rapport moral

Nous avons pu mener à bien les objectifs que nous nous étions fixés cette année, avec un degré de satisfaction évident une fois les activités portées à leur terme et l’année écoulée.

Cette fin d’année fut particulièrement révélatrice des dynamiques en jeu dans notre association. Autant l’année dernière, j’évoquais ici même le départ des anciens, départ vécu comme perte non encore suffisamment élaborée. Autant cette année, ce départ fut célébré, ritualisé, intégré psychiquement me semble-t-il. Les nouveaux venus peuvent prendre leur place tout comme les nouveaux projets.

J’en eus la perception également lors de la Journée Annuelle des Psychologues, dont le thème de la transmission était tout choisi pour / par le CPCI. Journée durant laquelle pour la première fois, je sentais face à l’urgence, face à la désespérance du monde, face au désarroi que nous rencontrons dans nos institutions, dans nos cabinets libéraux et en nous-mêmes un sentiment d’appartenance naître en moi, appartenance au groupe des psychologues, appartenance au groupe des psychologues de l’Isère et en appui sur les regroupements des collègues / collèges des départements de la région et au SNP. Nous avons résisté aux rouleaux compresseurs de l’abrasion des identités. La ressource et la créativité sont au rendez-vous chez les psychologues et dans notre institution bien aimée ; le CPCI ! Le doute fut et restera cependant présent longtemps. Mais n’en est-il pas de même dans tout type d’institution ?

Le CPCI c’est aussi une institution, un groupe animé par ses propres soubresauts, son dynamisme plus ou moins créateur selon l’implication de ses membres, selon la personnalité et la disponibilité de chacun, selon son histoire. Nous rejouons également dans cet espace groupal ce qui se déploie sur la scène sociétale : compression subjective du temps, individualisme, nouveaux modes relationnels. La notion d’engagement est au centre de notre dynamique associative tout comme l’est notre place, notre rôle de citoyen dans notre société et dans notre rapport au monde. Il y a nécessité à mon sens d’un investissement des administrateurs sur le long terme.

Mais que font les hommes ? Où sont les hommes ? Pour la première fois, il n’y a plus d’hommes dans le conseil d’administration. Prenons garde Mesdames à ne pas trop jouer notre carte maternelle, maternante, nous allons les faire fuir encore plus !

Je souhaite donc que les activités du CPCI se poursuivent, dans un mouvement d’ouverture, de diversité, que nous prenions garde à la rigidité dont certains groupements cliniques font preuve et que nous puissions travailler, questionner cette rigidité si elle devait être à l’œuvre ici.

Les différentes activités du CPCI sont reconduites pour cette année, leur élaboration est déjà bien avancée pour la plupart :

    • L’atelier des étudiants le 7 mars 2018 sous le même format
    • Le 2ème atelier sur la parentalité en avril 2018
    • La conférence sur les « mécanismes d’emprise »
  • Puis les Happy Hours et la JAP en dernière partie

Pour finir, un remerciement particulier à notre trésorière de ces dernières années, qui a décidé de prendre d’autres chemins.

Je tiens à remercier tous ceux et celles qui se sont impliqués cette année au CPCI. Seule je n’aurai rien pu faire, je n’en ai ni le désir ni les épaules.

La diversité, l’intergénérationnel est ce qui m’anime. Merci

Anne J.

Présidente

Le CPCI en 2016, par la Présidente

Rapport d’activité & Rapport moral

du CPCI pour l’année 2016

Présentés lors de l’Assemblée Générale du 8 février 2017,

à la Maison des Associations à Grenoble

L’année 2016 a été une année de transition pour le CPCI, transition due à mon sens à la nouvelle composition du Conseil d’Administration, une nouvelle dynamique de groupe a donc été mise en œuvre. Parallèlement, et en lien avec cette nouvelle dynamique à trouver et créer, le nombre des activités du CPCI a été moindre cette année. Nous allons donc revenir sur ces différents points plus en détail.

Pour rappel, le Collège des Psychologues Cliniciens de l’Isère se donne pour objets : informer le public et les professionnels de la démarche de soin du psychologue, de ses moyens et de ses méthodes regrouper les psychologues en vue d’échanges et de réflexions sur les pratiques développer les activités et la formation des psychologues, favoriser tous les travaux de recherche relatifs à la psychologie clinique défendre la profession et ses principes éthiques 

Rapport d’activité

Le CPCI propose habituellement 4 ateliers de réflexion et d’échanges durant l’année. Cette année, deux ateliers ont eu lieu :

Le premier, le 23 mars 2016, présentait la relaxation psychanalytique, selon la méthode BERGES. Les exposés furent riches. Nous pouvions mettre en parallèle voire en concurrence deux pratiques différentes de la relaxation psychanalytique. Les retours des participants ont été très positifs.

Le second atelier a eu lieu le 27 avril et était plus particulièrement destiné aux étudiants en psychologie. Il fut animé par quatre membres du CPCI de divers horizons et expériences, autour de la relation entre maître de stage et psychologue-stagiaire. La parole a pu circuler librement et spontanément alors que des craintes avaient été exprimées quant au contenu de cet atelier lors de sa préparation en Conseil d’Administration. Que nos  «joyeux animateurs » en soient remerciés.

La rentrée de septembre a vu la reprise des Happy Hours du CPCI pour sa deuxième tournée. Une trentaine de collègues s’est réunie autour d’un verre et d’amuse-gueules dans un bar associatif de Grenoble. Le but de cette rencontre est de favoriser les échanges entre collègues de façon informelle et conviviale.

Puis en novembre, notre Journée Annuelle des Psychologues a été à mon sens un réel succès. Nous étions environ 70 participants. Le thème de cette année  «travailler ensemble nous tue, nous séparer est mortel » développait l’idée de la nécessité de travailler entre collègues, comment, dans quelles instances et à quelles conditions. Mais quid de la rivalité ? L’introduction par Ludovic Gadeau, psychologue, docteur en psychologie et professeur à la fac de Grenoble nous a permis dès les premières heures de la journée de nous fédérer autour des problématiques spécifiques des psychologues, à savoir, le manque de postes alors que le nombre de diplômés est trop important, et l’incapacité ou la difficulté certaine des psychologues à se rassembler pour œuvrer dans le concret à l’exercice de leur métier. Qu’allons-nous faire de ces réflexions, de cette dynamique groupale que nous avons pu ressentir lors de la Journée ? La présence de nos joyeux clowns,  «les Noodles » fut un moment de rires partagés … et une façon de prendre de la distance par rapport à notre métier, aux termes que nous employons qui peuvent sembler quelquefois des gargarismes intellectuels pour qui n’est pas de notre clan. Les retours de la Journée ont été également positifs.

Mais le CPCI, c’est également un réseau, une façon de faire du lien entre collègues via le site Internet et la boite mail.

Nos remerciements s’adressent aux relookeurs de notre site web. Une nouvelle dynamique est insufflée en souhaitant intégrer sur le site les actes de la Journée Annuelle. Pour ma part, j’aimerais que l’on puisse y partager des notes de lecture ou de films. Toute initiative est donc bienvenue.

La boite mail fonctionne également bien, nos adhérents et sympathisants ont maintenant pris l’habitude de l’utiliser pour y déposer une information concernant une conférence, un colloque, une formation et également les offres de stage et d’emploi. Les retours là-aussi sont plus qu’encourageants.

Il n’y a pas eu de conférence à destination du grand public pour les raisons que je vais évoquer. Néanmoins nous pouvons dire :  «Sauter une année c’est pour mieux rebondir l’année suivante ».

Rapport moral

Concernant la composition du Conseil d’Administration, plusieurs piliers du CPCI ont quitté l’association en 2015. Il s’agit de psychologues cliniciennes expérimentées et férues du travail groupal. C’est peu dire que leur absence s’est ressentie dans nos échanges par la suite et peut-être que leur départ ne fut pas suffisamment élaboré. Il a donc fallu que les nouveaux membres trouvent leur place puis fassent groupe. Le poste de trésorier puis trésorière a ainsi pu être repris en douceur.

Trois nouveaux membres ont par ailleurs rejoint le Conseil d’Administration cette année. Ce sont de jeunes psychologues, qui au fil des réunions du CA ont pu trouver leur place. Il nous a de plus semblé important de trouver des temps de rencontre autres que ceux des CA pour se voir, apprendre à se connaître, partager autre chose afin qu’une certaine dynamique voit le jour. Cela fut réalisé en juillet autour d’un verre échangé au Cabaret Frappé, verre renouvelé lors des Happy Hours.

Continuer à développer les liens entre nous me semble opportun à travers notamment l’existence du Conseil d’Administration élargi, dans lequel peuvent s’inscrire les nouveaux adhérents qui souhaitent s’impliquer dans la dynamique du CPCI, sans toutefois faire partie du Conseil d’Administration. L’une d’entre nous est ainsi passée d’invitée permanente en 2015 à membre du CA en 2016.

De même, en 2016, nous avons pu voir s’impliquer une nouvelle collègue. Sa participation à l’animation de l’atelier des étudiants, et son avis consultatif lors des CA nous ont également été fort utiles et étayants.

D’autres adhérents moins disponibles mais néanmoins intéressés par les activités du CPCI et ses raisons d’être ont apportés leurs avis et leurs encouragements, aidant ainsi à la dynamique de l’association.

Enfin, des membres actifs ces dernières années choisissent de moins s’impliquer. Continuer à faire partie du Conseil d’Administration élargi leur permet de rester présents, informés de nos activités. Nous continuons alors de bénéficier de leur réseau étendu, ce qui est toujours utile lors du montage des ateliers ou pour la préparation de la Journée Annuelle des Psychologues.

En écrivant ces quelques lignes, je me disais que nous vivions cette année l’expérience de la séparation, de l’individuation. Le CPCI serait-il en capacité de jouer seul en présence de sa mère ? Seul en ayant en tête ses parents, ses membres fondateurs et ses membres continuateurs.

Et il est facile d’enchaîner par la permanence de l’objet que portent symboliquement quelques membres du CPCI, ayant su laisser leur place de président, de trésorier, pour que de nouveaux visages du CPCI prennent place. Nous les en remercions.

Ce fut une année de transition durant laquelle nous avons traversé des moments de doute, d’agacement, d’abattement. L’atelier raté d’octobre 2016 en fut peut-être l’apogée, le moment de crise que nous avons dépassé peu à peu en retravaillant ensemble le pourquoi et le comment de nos ateliers. Comment continuer à mettre au travail notre pratique, en la partageant avec d’autres, avec ou sans powerpoint mais de préférence sans parce que cela vient signifier quelque chose dans la façon dont nous nous représentons la rencontre avec notre patient, le sujet en souffrance qui vient se confier à nous. Cela affine les valeurs qui agite le CPCI et donne un cadre de pensée suffisamment sécurisant pour tous et en particulier pour ceux qui prennent la responsabilité d’animer un atelier.

Cela vient questionner également notre position de psychologue clinicien. Il ne me semble pas que seuls les psychologues cliniciens soient dans une relation clinique à leurs patients et c’est bien dans ce sens que nous avons souhaité ouvrir les portes du CPCI aux autres approches de la relation d’aide, de la prise en compte de la souffrance psychique, approches qui viennent se compléter quand et seulement quand nous sommes en capacité de nous dire que nous écoutons des niveaux différents de la réalité, de la vie psychique de nos patients. Les thérapies peuvent être psychanalytiques, systémiques, développementales, corporelles, elles sont et demeurent des thérapies, qui vont convenir à un moment donné dans la vie d’un sujet.

Le dernier rapport moral, en 2015, évoquait une mutation, je parle de transition aujourd’hui. Il me semble que le CPCI achève la construction de sa nouvelle identité, de sa nouvelle peau et est prêt à aller se frotter à l’environnement extérieur.

Anne J. Présidente

Atelier étudiant, mars 2017

Le 8 mars 2017 à 20h, le CPCI organisait son rendez-vous annuel avec les étudiants, sur le Campus en salle de l’Espace EVE.

Du côté du CPCI : 5 membres ont animé cet atelier.

Du coté des étudiants venus nombreux (21 au total), il y avait :

  • 15 étudiants de Master 1 (dont 12 de l’UPMF Grenoble, 1 de Lyon 2 et 1 de Montpellier)

  • 5 étudiants en Master 2 (2 de Grenoble, 1 Chambéry, 1 Lyon 2 et 1 Paris 8)

14 d’entre eux étaient en cours de stage.

Nous avions aussi un jeune ingénieur, ami d’étudiants en Master de Psychologie, qui était alors engagé dans le déroulement de la Semaine du Cerveau, et de ce fait intéressé par cette rencontre. Cet atelier est destiné aux étudiants en Psychologie, mais nous l’avons invité à rester.

Nous avons commencé par introduire sur les activités de notre association et sur l’histoire de cet atelier.

Nous avons ensuite engagé nos échanges librement à partir de l’énoncé :

« Un étudiant, un maître de stage, une institution : attentes, rencontre et transmission »

Durant deux heures les échanges ont été riches et fluides au plus près des interrogations des étudiants quant à :

– l’identité professionnelle,

– la question des stages (les difficultés pour en trouver et les difficultés avec les maitres de stage),

– la sélection au cours des études,

– les différentes orientations conceptuelles qui sous-tendent l’organisation des études dans chaque université,

– le statut du psychologue dans le monde du travail,

– le marché du travail,

– la spécificité de la posture du psychologue.

Nous retenons une question qui témoigne de la particularité de notre métier des sciences humaines, en perpétuel remise en question, en perpétuel « apprentissage » :

« Est-ce qu’on se sent prêt après le diplôme ? »

Nous avons pu, semble-t-il, éclaircir leur questionnement quant :

  • à la définition de clinicien « tourné/incliné vers le sujet », rappelant surtout notre posture spécifique de reconnaissance du sujet dans son individualité d’être et de liberté psychique. (rappel du Code de déontologie)

  • au temps FIR

  • au statut de Cadre et notre hiérarchie administrative et non pas médicale

  • à la nécessité d’outils et de ressources pour travailler/penser sur sa pratique tout au long de la carrière.

Le CPCI en 2015, par Thibaud Courvoisier

L’assemblée générale de janvier 2016 a permis de faire le bilan de l’année 2015 en rendant compte de son activité, mais aussi en retraçant les personnes ayant fait vivre le collège.

 

ATELIER

Nous proposons donc des ateliers. Il s’agit d’un temps de témoignage, de réflexions, d’échanges sur nos pratiques et non pas d’échanges de savoirs théoriques : l’idée n’est pas tant d’offrir des réponses, et de dire ce qu’il faut faire, que de réfléchir ensemble sur ce que l’on fait, et partager nos interrogations, nos impasses ou nos difficultés, mais aussi nos réjouissances et nos plaisirs ; finalement créer des espaces d’échange clinique et de réflexions partagées.

Ceci est particulièrement important car il nous semble que les psychologues de la région ont suffisamment de lieux dans lesquels poursuivre leur formation continue (soirée de travail, conférence, etc) quand  ils manquent d’avantage de lieux pour se rencontrer, et pour se rencontrer dans un cadre chaleureux.

  • 18 mars 2015 : « la réhabilitation psycho-sociale : la place du sujet et la place du psychologue »
  • 20 mai 2015 : « coaching, interventions à domicile : air du temps – outil novateurs ? »
  • 4 novembre 2015 : les dispositifs de soins auprès des sportifs, de la relation du sportif à son corps, … avec deux de nos collègues sur leurs pratiques auprès de sportifs et de patients douloureux chroniques. 

 

CONFERENCE

Autre activité, une conférence annuelle, à destination du grand public : nos conférences  visent à donner une meilleure visibilité de notre profession et de ses principes éthiques au public et aux partenaires du champ médico social.

5 mai 2015 : « Pourquoi tant de haine aujourd’hui ? » avec Albert Ciccone

 

COLLABORATION AVEC L’UNIVERSITE

Le CPCI n’a pas été représenté cette année dans le groupe  « praticiens- enseignants », mais l’engagement est pris pour cette nouvelle année, et le CPCI participe de loin en relayant par exemple les appels à candidature pour le forum des métiers : notre association s’est donnée les outils nécessaires  (liste de contacts, site) pour tenir au courant et mobiliser des collègues parfois éloignés de l’information.

 

HAPPY HOURS

 

JOURNEE DES PSYCHOLOGUES

En 2015, la thématique a été

« Démarche de soin, demande d’expertise, quelles complémentarités »

 

 

Je vais parler de la manière dont j’ai ressenti les quelques mutations qui se jouèrent au sein du CPCI durant les 3 années de mon exercice.

Sans doute le terme de mutation est-il un peu fort, peut-être d’ailleurs changeons nous seulement alors qu’il nous faudrait muter. Une mutation est selon le Larousse, dans son acception générale : un changement radical, une conversion, une évolution profonde.

Dans le registre plus spécifique de la génétique, la mutation désigne une apparition brusque, dans tout ou partie des cellules d’un être vivant, d’un changement dans la structure de certains gènes, transmis aux générations suivantes si les gamètes sont affectées.

Je partirai de cette définition qui met davantage l’accent sur ce qui constitue la radicalité du changement, quelque chose qui touche à la structure même de l’objet qui mute, et quelque chose qui à voir avec la question de la transmission.

Cette question de la transmission sans doute est-elle fondamentale, parce qu’elle l’est toujours dès qu’on parle de psychisme et finalement une association c’est bien une association de psychisme, mais aussi, et surtout parce que toute institution est portée par l’esprit de ceux qui la portèrent avant.

Sans aller jusqu’à l’essai d’excavation des mythes fondateur du CPCI, je nous invite tous à faire le constat d’un certain changement dans le mode de gouvernance du CPCI durant ces trois dernières années

En effet, Michèle Mauris, représentait une figure importante du CPCI, par ses idées, par son énergie et sa capacité à donner beaucoup quand ça lui semblait nécessaire. Elle réalisait beaucoup des tâches qui incombaient à chacun, et j’ai pu souvent par une boutade qui l’agaçait fortement, interroger son dévouement… Aussi peut catho qu’elle était (et qu’elle doit toujours être je doute de la convention récente) l’idée qu’elle se sacrifiait ne lui plaisait guère. Pour lui faire justice je dirais simplement qu’elle avait une grande énergie, et que celle-ci partie, il a bien fallu la remplacer.

J’ai en effet annoncé en prenant la présidence que je ne pourrais m’inscrire dans la même lignée, parce que ça n’est pas mon caractère, parce que je n’ai sans doute pas la même énergie…

Alors le changement a commencé, et on a pu observer au sein de notre association une nouvelle répartition des tâches. Mon premier rapport d’activité contenait un terme qui a pu faire rire, celui de « forces vives ».  Une fois Michèle partie, est apparu ce que son investissement nous masquait : une notoire charge de travail qu’il fallait bien se répartir, se répartir pour partager l’effort et continuer, mais se repartir pour re-partir vers de nouveaux horizons. On ne peut penser la motivation et la capacité à se contraindre sans un certain désir qui le porterait…

Sans doute sommes-nous tous un peu fatigués, mais j’y vois plus une marque d’acuité qu’une dépressivité larvée. Je crois que chacun prend la mesure des investissements et que chacun se positionne sincèrement dans sa capacité à les tenir. Les quelques démissions du jour en sont la preuve.

Et le changement s’est poursuivi, Anne a été l’artisan de notre nouvelle communication, car oui on s’est donné aussi le droit de « marketer » le CPCI, ou à tout le moins, de réfléchir à nos outils de communication, et de faire le constat que l’on renvoyait peut être une image qui n’était plus celle que nous souhaitions. Alors le changement s’est poursuivi, est nous sommes devenu un peu moins austères (quoi qu’on ne l’était pas non plus excessivement), et on a pris l’apéro ! De nouvelles personnes nous ont rejoints, Noëlle, qui prend maintenant la succession de Jean-Luc, un poste de trésorerie, qu’on ne peut, je doute, prendre par plaisir, mais par souci de maintenir l’existant. Car si chacun prend un bout d’une tache pas très enviable, la tâche en devient finalement moins dur. Question de répartition d’effort…. de solidarité peut être ?

Changement également dans le souci de s’ouvrir à d’autres approches, de ne pas rester dans un unique référentiel psycho-dynamique, mais rencontrer d’autres formes de pensée, qui, si elles déroutent, et nous bousculent parfois, ont le mérite de nous éviter de rentrer dans un ronflant même et identique.

Si j’avais un désir pour le CPCI, ça serait celui-là : qu’il continue d’être cet espace ou des professionnelles peuvent se rencontrer, quand bien même ils ne partagent pas toujours les mêmes vues, pour échanger, et mieux se comprendre, et d’arrêter de faire à l’autre une gueule que l’on n’aimerait pas que l’on nous fasse !

Je ne sais plus qui a dit un jour que la réputation est la somme des malentendus cumulés sur une personne, mais je crois que c’est éminemment juste, et pas que pour les personnes, mais aussi pour les associations, les approches thérapeutiques, etc…

En ces temps qu’on peut trouver troubles, ou sans doute la figure de l’autre étranger et pourvoyeuses de multiples fantasmes, ou est fort présente la tentation de nous replier plus encore sur nous-même, s’assurant du même coup de ne rien rencontrer qui puisse nous bousculer, en ces temps donc, peut être est-il fondamental de marcher en crabe et de faire des pas de coté !

Il me semble que le CPCI a tout à fait sa place et figure minimalement cet espace d’échange ! Et que cette belle association manquerait très largement au paysage psychologique Grenoblois !

Seulement, et à l’image de bien des états de faits actuels, on ne survivra qu’à muter ! C’est à dire a changer radicalement dans notre structure, et dans quelque chose quoi soit transmit !

Et si beaucoup de gens se sentent mal dans leur peau, parce que ce n’est pas la leur, c’est que la encore il faut muter, pour que le CPCI trouve sa forme, celle dans laquelle un grand nombre pourra se sentir bien.

Thibaud Courvoisier, Président,

le 27 janvier 2016